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UNE MENACE POUR L’INDUSTRIE IMMOBILIÈRE

27 juin 2018

Adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale, le projet de loi 141, qui modifie la Loi sur le courtage immobilier, menace désormais l’avenir de notre profession. C’est avec une immense déception et amertume que nous avons constaté que la Commission des finances publiques a décidé d’aller de l’avant avec l’adoption de ce projet de loi. Nous sommes convaincus que cela portera atteinte non seulement à la protection du consommateur, mais aussi à l’avenir de l’industrie immobilière.

Nous sommes donc particulièrement déçus de l’inefficacité de la FCIQ qui ne semble pas se préoccuper de l’importance des retombées ou, du moins, qui garde sous silence les possibles conséquences sur l’avenir de la profession. Bien que le gouvernement ait précisé la définition de l’opération de courtage, celle-ci s’avère d’autant plus vague, n’inclut pas spécifiquement la notion de service-conseil et ne limite pas précisément ces gestes aux titulaires de permis. Il va sans dire que cette réforme ne correspond en rien à nos attentes. Si la FCIQ se dit encouragée par cette volonté de mieux encadrer les services des entreprises d’assistance aux vendeurs par le biais de l’Office de la protection du consommateur, de notre côté, nous demeurons extrêmement septiques, d’autant plus que la confusion entre courtier et coach immobilier reste d’actualité.

Par ailleurs, si le gouvernement mentionnait son intention de réserver le terme courtier aux détenteurs de permis de courtage, rien ne prévoit l’utilisation de termes pouvant porter à confusion, tels que coach ou gestionnaire immobilier. La FCIQ devrait davantage être à l'écoute de ses membres qui se plaignent de l’injustice à laquelle ils sont confrontés et réagir en conséquence. Comme nous le mentionnions dans notre article À L'AUBE D'UNE DÉFAITE POTENTIELLE : L'industrie immobilière compte-t-elle réagir?, il serait justifié que la FCIQ envisage d’avoir recours à un lobbyiste qui serait non seulement en mesure de défendre les intérêts de l’industrie, mais également de mieux représenter les courtiers immobiliers.

Que le projet de loi ait été adopté, c’est une chose, mais que la FCIQ ne réagisse pas davantage alors que plusieurs champs de pratique, qui nous étaient exclusifs, nous ont été retirés et que DuProprio poursuit ses campagnes publicitaires diffamatoires, c’est aberrant. Rappelons que la mission de la FCIQ est de défendre, protéger et promouvoir les intérêts des courtiers immobiliers. Il serait grand temps de se réveiller, car l’avenir de la profession est menacé.

Par ailleurs, comme le mentionne l’OACIQ dans son Aide-mémoire : « Les agences et les courtiers immobiliers qui désirent effectuer un référencement de client à une institution financière contre rétribution devront, selon notre compréhension, être inscrits en courtage hypothécaire auprès de l’AMF ». Voilà ce qui arrive lorsque nous ne protégeons pas nos droits acquis et lorsque notre Fédération ne prévoit pas les possibles conséquences de la perte d’un champ de pratique.

Que nous restera-t-il lorsqu’il n’y aura plus aucun champ de pratique exclusif aux titulaires de permis? Nous sommes en droit de nous demander s’il y a véritablement de réels représentants pour défendre, protéger et promouvoir les intérêts des courtiers immobiliers. La Fédération peut bien prétendre ce qu’elle veut et qu’elle est là pour nous, mais dans les faits, rien n’est moins vrai. La FCIQ est sans génie apparent et manque de leadership dans ce dossier.

Nous sommes d’avis que cette nouvelle défaite contre les entreprises d’assistance aux vendeurs marque le début d’une nouvelle ère. Si nous ne sommes pas prêts ou suffisamment soutenus pour défendre notre profession, alors peut-être est-il temps de revoir nos modèles d’affaires, tout comme le mentionnait le groupe de franchiseurs devant la Commission des finances publiques.

Sur une note plus positive, nous croyons fortement que les courtiers immobiliers devront désormais développer davantage leurs compétences et maintenir leurs connaissances à jour. Si l’on souhaite préserver l’avenir de notre industrie, il faudra non seulement sensibiliser le grand public aux avantages de faire affaires avec un courtier immobilier, mais également faire les choses de manière impeccable afin de prouver aux consommateurs la valeur ajoutée de notre profession.