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2016 sonnera-t-elle le glas des publicités sur la rémunération des courtiers?

12 janvier 2016

Nous avons tous pu célébrer de bonnes nouvelles à la fin de 2015, notamment en découvrant le bond extraordinaire de 9 % du taux de confiance des consommateurs à l’égard des courtiers immobiliers. Ce résultat n’est pas le fruit du hasard.

Il provient plutôt d’un ensemble de faits dont un travail concerté de longue haleine. Il remonte bien entendu, à l’adoption de la Loi sur le courtage immobilier avec son lot de nouvelles exigences en formation, tant à l’entrée qu’en cours de carrière. Ces nouvelles exigences ont permis de définir un positionnement sur le professionnalisme du courtier et son rôle important dans une transaction immobilière.

Un tel positionnement a été véhiculé non seulement par nos instances professionnelles dont l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) et les Chambres immobilières, mais aussi par bon nombre d’autres acteurs, ce qui est venu renforcer le message principal. Cette concertation « volontaire » de la part des principaux joueurs est tout à leur honneur. Du même souffle, elle confirme qu’il est possible de promouvoir les courtiers immobiliers sans parler du taux de commission.

 

Mettre fin une fois pour toute à l’image de « peddlers »

À l’aube d’une nouvelle campagne publicitaire pour bien démarrer la nouvelle saison pleine de promesses, toute l’industrie du courtage immobilier devrait-elle s’interroger sur la pertinence de réglementer la publicité comme l’ont fait bon nombre d’ordres professionnels par le passé?

La question mérite d’être posée compte tenu des impacts négatifs que représente toute annonce publicitaire moussant le taux de commission.  De telles campagnes ont un effet pervers sur l’image des professionnels du courtage immobilier. Elles ont ainsi tendance à ramener l’image des courtiers à de simples « peddlers », ce qui est loin d’être le cas, vous en conviendrez.

De plus, ces campagnes colportent un message discordant. Elles contrecarrent les efforts de la majorité de l’industrie en faveur de la valorisation du travail des praticiens du courtage immobilier.

Loin de moi l’idée d’interférer dans la promotion des modèles d’affaires de chaque agence. Toutefois, il faut bien l’admettre, les règles du courtage immobilier ont bien changé depuis le début des années 2000.

 

La solution viendra-t-elle d’une règlementation de la publicité des courtiers?

Par le passé, la bataille sur les taux de commission était plus ou moins acceptable, du moins pour un certain nombre de joueurs. De nos jours, elle semble inappropriée, dans un contexte où l’on met l’accent sur les connaissances des courtiers et le développement de leurs compétences. Comment peut-on promouvoir les compétences à valeur ajoutée des courtiers tout en soulignant qu’elles sont offertes pour 500 $ ou pour une commission minimale?

Cette discordance dans les propos est nuisible à plusieurs égards. Elle entretient un double discours sur la place publique dévalorisant les tâches accomplies par les professionnels du courtage immobilier. Elle fragilise du même coup, le statut professionnel des courtiers.

C’est dans un tel contexte qu’il me semble opportun d’inviter l’industrie à réfléchir sur cette question. Pouvons-nous inciter l’OACIQ à poursuivre son travail d’encadrement en fixant certaines règles sur la publicité grand public de façon à exclure du paysage médiatique, l’allusion directe que font certains entre courtier et commission?  

 

Sommes-nous capables d’assumer nos responsabilités?

Outre toute cette question de publicité autour de la rémunération du courtier, j’ai poursuivi ma réflexion sur certains aspects venus modifier le paysage du courtage immobilier ces dernières années. Dans le contexte de l’époque, certaines stratégies pouvaient être gagnantes, voire même avant-gardistes pour finalement s’avérer, six mois ou quelques années plus tard, moins efficaces et mêmes nuisibles. Parmi celles-ci, l’une m’est revenue à l’esprit m’entraînant à me poser la question suivante :

Qu’avons-nous gagné en tant que courtier et industrie, à introduire le phénomène d’encouragement du consommateur à trouver son acheteur, moyennant une réduction des frais du courtier?

En parlant avec bon nombre de courtiers et de clients, je me suis aperçu que les consommateurs ne réclament pas d’office un tel rabais. Ils recherchent plutôt chez le courtier, les connaissances du milieu, la sécurité d’une transaction réussie, l’aide concrète pour dénicher un acheteur ou une propriété, bref, tout ce qui peut l’aider à réaliser son projet en lui facilitant la vie. Il est donc surprenant de réaliser qu’encore en 2016, certaines agences et courtiers immobiliers en font leur credo. Nageons-nous à nouveau à contrecourant?

Je ne détiens pas la vérité absolue, bien au contraire. Je crois toutefois qu’il y a des éléments qui ne devraient pas être ciblés comme axes de communication principaux pour le public. Cela ne signifie pas qu’il soit impossible de proposer des taux de rémunération distinctifs ou des options privilégiées dans des situations particulières.

Mais en tant que professionnels du courtage immobilier, courtiers comme agences, nous avons des responsabilités à assumer pour entretenir notre image de professionnels. Qui a vu des notaires, comptables, avocats se vendre sur la place publique en misant sur de tels attributs?

 

Pour le bien de tous les courtiers quelques résolutions pour 2016…

Les gains dans la cote de confiance des consommateurs ont été réalisés sur plusieurs années. Nous sommes tous conscients qu’il est facile de perdre des acquis et qu’il est beaucoup plus ardu, de les maintenir et, dans notre situation, d’augmenter le niveau de confiance. Nous avons donc notre propre exercice de conscience à effectuer pour bien orienter nos actions. Nous serons ainsi en mesure de participer à LA SOLUTION au lieu de rejeter la faute sur les autres.

En ce début d’année, propice aux résolutions, nous pourrions nous en donner quelques-unes, dont en voici un premier jet. À vous de contribuer à bâtir notre plan de match collectif :

  1. Assumer mes responsabilités de courtier immobilier en portant attention à mes actions en public (tout est public de nos jours avec la technologie)
  2. Respecter mes collègues et faire valoir mes points de vue en privé, lors de conflit ou d’incompréhension
  3. Encourager l’OACIQ à établir des règles pour encadrer la publicité portant sur la rémunération, dans le même esprit que les autres ordres professionnels
  4. Promouvoir le professionnalisme des courtiers immobiliers dans mes propos, mes actions et mes outils promotionnels

Au plaisir de vous lire très bientôt…